Catherine Linard: la communication via vidéo d'animation

Catherine Linard: la communication via vidéo d’animation

Un petit buzz. C’est comme ça que l’on aurait pu qualifier la vidéo réalisée il y a un an par Catherine Linard – épidémiologiste au service Lutte biologique et Ecologie spatiale de l’ULB – et un confrère de l’UCL. Il faut dire que la vidéo de deux minutes marque directement les esprits: un fond blanc, quelques phrases d’accroche et le défilé d’une centaine de cartes de la France mettant en scène le mouvement des populations selon le jour de la semaine. Un travail de représentation impressionnant rendu possible grâce à l’analyse des fréquences des téléphones portables. « Nous avons créé un outil de représentation cartographique multitemporel  au lieu de figer la représentation sur une seule carte », explique Catherine Linard. « C’est beaucoup plus parlant ».

Si la vidéo devait accompagner un article publié dans la revue PNAS, une revue scientifique américaine, elle a très rapidement connu un succès hors de ce cadre atteignant des milliers de vues sur YouTube. « La RTBF, RTL et le prestigieux magazine The New Scientist nous ont ensuite contactés pour parler de notre publication. Les journalistes de ce dernier nous ont même demandé s’ils pouvaient utiliser la vidéo et la refaire à leur sauce », ajoute la chercheuse.

Avec cette vidéo, les deux chercheurs ont surtout voulu trouver un nouveau moyen plus ludique de communiquer avec le grand public. Et on doit dire que c’est plutôt réussi. « C’est assez spectaculaire lorsque l’on observe le mouvement des populations entre les périodes de travail et les périodes de vacances. L’occupation de Paris et puis son désengorgement total », s’enthousiasme Catherine.  En véritable novice du procédé, la chercheuse avoue avoir tout de même consacré plusieurs jours sur ce projet. Mais, selon elle, cela en valait la peine.

Sur le long terme, c’est avec cette méthode de cartographie des populations que Catherine Linard souhaiterait étudier les pays en voie de développement, surtout dans les situations d’urgence. « Grâce aux données mobiles, nous pourrions par exemple estimer le nombre de personnes présentes dans un endroit spécifique juste avant un tremblement de terre ».