Ouvrir l'accès aux articles scientifiques, quitte à devoir le forcer !

Ouvrir l’accès aux articles scientifiques, quitte à devoir le forcer !

Traditionnellement, quand les chercheurs avaient besoin de lire des articles publiés dans des revues auxquelles la bibliothèque de leur université n’était pas abonnée, ils n’avaient d’autre possibilité que de contacter l’auteur et lui demander l’envoi d’un tiré à part. Désormais, avec la mise en ligne des publications, bien d’autres opportunités leur sont ouvertes.

L’article recherché a peut-être été publié dans une revue Open Access (Open Access Gold), ou bien est-il archivé sans embargo dans un répertoire institutionnel (Open Access Green). Il sera alors directement accessible à tous, moyennant une simple connexion à Internet, et via un moteur de recherche générique ou dédié.

Si ce n’est pas le cas, Open Access Button, un bookmarklet qu’on peut intégrer à son navigateur, va parcourir le Web à la recherche d’une éventuelle version de l’article accessible gratuitement ou, le cas échéant, adresser un courriel à l’auteur. L’article n’est vraiment pas disponible à titre gratuit ? le Button s’en servira alors comme argument supplémentaire dans la campagne qu’il mène contre les « paywalls » et le manque d’accès aux publications.

Par ailleurs, les réseaux sociaux dédiés aux chercheurs, tels qu’Academia.edu ou ResearchGate, participent désormais à la dissémination des articles. Ils permettent même d’archiver, à même la plate-forme, des écrits scientifiques, et de les partager entre les membres.

Si ces réseaux flirtent avec le non-respect de la législation sur les droits d’auteur, une autre initiative, fondée sur Twitter, l’enfreint … ouvertement. En effet, le hashtag #IcanhazPDF (en référence aux lolcats et au site I can Haz Cheezburger), accompagné du DOI ou de l’URL de référence de l’article demandé ainsi que de l’adresse e-mail du demandeur, permet de solliciter la twittosphère académique, et de se faire envoyer dans les meilleurs délais une copie numérique de l’écrit recherché.

Plus fort encore, avec les deux outils suivants, qui confinent à la piraterie numérique. Sci-Hub est un réseau de proxies connectant l’utilisateur à un ordinateur qui peut accéder, par abonnement, à la revue requise. Quant à Libgen, il s’agit de rien moins que d’une base de données bibliographiques clandestine, au nom de domaine changeant, et qui est alimentée par les demandes faites à Sci-Hub. De quoi, en tous cas, permettre aux chercheurs d’accéder vaille que vaille à l’information scientifique, indépendamment de leur institution ou pays d’origine. Et de quoi inquiéter également les Majors de l’édition scientifique, aux politiques tarifaires souvent rédhibitoires, Libgen et Sci-Hub étant pour l’heure poursuivis en justice par l’éditeur Elsevier