Parmi les glaces

11 juillet 2014 – Mercredi matin tôt, nous sommes arrivés dans la banquise au Nord de la mer de Kara ! J’ai très mal dormi, car j’attendais la glace avec impatience…

PhotoPattyn

A bord du brise-glace Oden, Célia Sapart tient son blog, Arctic Ocean Experience 2014. Un journal de bord en ligne inhabituel puisque la postdoc’ du Laboratoire de Glaciologie, Faculté des Sciences ULB a vogué pendant deux mois sur l’Arctique pour tenter de comprendre, avec quelque 80 chercheurs internationaux, d’où vient l’excès de méthane mesuré dans les zones peu profondes de l’océan Arctique. Parti du fjord de Tromsø en Norvège, l’Oden a accosté fin août en Alaska. Dans quelques semaines, c’est une autre expédition qui sera lancée, IceCon et son blog en direct de l’Antarctique.

« Pour chaque expédition, chaque projet de recherche, nous développons un blog » précise Frank Pattyn, co-directeur du Laboratoire de Glaciologie,

« Donner de la visibilité à notre recherche, c’est bien sûr un souhait de nos sponsors; mais c’est aussi notre envie de partager du rêve avec les gens: nous allons dans des endroits fabuleux, pourquoi ne pas les montrer, les raconter? Et puis, quand vous êtes coupé du monde, vous êtes content d’utiliser votre heure hebdomadaire de connexion internet pour diffuser des nouvelles vers un maximum de personnes ».

Sur ces blogs, les chercheurs parlent de science bien sûr mais aussi et surtout de leur quotidien, des petites fêtes qu’ils organisent au milieu de l’Antarctique ou de l’Arctique, de l’attente d’un avion qui ne peut pas atterrir vu la tempête, de la beauté des paysages – les photos sont bluffantes -, etc. « Lors de ces expéditions, nous effectuons surtout des mesures, des carottages qu’il faudra ensuite analyser, de retour à Bruxelles et c’est seulement là que nous aurons des résultats, des publications, des informations scientifiques à donner , notamment sur notre blog », observe Frank Pattyn, « Malgré le fait que les glaciers reculent partout sur des décennies, quelques observations pendant des étés d’affilée ne permettent pas d’observer ce changement ».

Etonnant, ces chercheurs habitués à passer plusieurs mois isolés, au milieu des glaces, sont parmi les plus actifs sur les réseaux sociaux, en particulier sur Facebook et Twitter. « C’est un relai pour donner de la visibilité à nos blogs. C’est aussi une manière extraordinaire d’être tenu informé des dernières publications ou des expéditions en cours. La majorité de mes amis sur Facebook sont des glaciologues du monde entier: désormais, je sais ce qui se passe en glaciologie avant qu’une dépêche Belga ne tombe ou qu’un journaliste ne me téléphone ».

Suivez Frank Pattyn, @FrankPattyn