Pascal Delwit : privilégier le fond dans les médias de masse

Pascal Delwit : privilégier le fond dans les médias de masse

Son visage ne vous est certainement pas inconnu. Il est l’un des politologues les plus sollicités dans la presse et les médias belges. Et pour cause, Pascal Delwit – professeur de science politique à l’ULB – a à cœur de remplir ce qu’on définit comme la troisième mission de toute université : celle de service à la société. A force de rouler sa bosse à travers les différents médias, le politologue en a d’ailleurs tiré quelques enseignements. « J’ai commencé à apparaitre dans les médias dans les années 90. J’ai appris à connaitre leurs codes petit à petit et à savoir les apprivoiser », explique le politologue. L’une des erreurs fondamentales serait d’appréhender la communication dans les médias à l’aune de la communication scientifique. « Avant de communiquer dans les médias, il faut bien se rendre compte que la publication d’un article scientifique est très différente de celle d’un article dans un journal. Dans la communication médiatique, singulièrement audiovisuelle, une part énorme de la nuance disparaît. Il faut aller au cœur sans détour et sans l’explication du protocole de recherche ».

Pour Pascal Delwit, il faut donc veiller avant tout à faire passer l’essence de son message. Et pour ce faire, le politologue donne certains conseils, en télévision notamment. « Il faut centrer son discours sur son idée principale, utiliser des termes compréhensibles pour le plus grand nombre et bien respecter le fait qu’on regarde l’interviewer et non la caméra ». En presse écrite le politologue y va aussi de son commentaire : « Il faut savoir que le titre a aujourd’hui, dans une large mesure, plus d’importance que l’article en soi. Il faut donc penser aux mots et phrases que l’on va dire au journaliste pour orienter un possible titre et éviter un titre qui pourrait nous surprendre ».

Récemment, Pascal Delwit a lancé son compte Twitter. « C’est un des moyens de communication qui interroge le plus ». Mais il l’avoue, ce n’est pas sa tasse de thé. « Twitter brasse une dynamique de confrontation immédiate que je n’apprécie pas spécialement. L’argumentation est assez limitée. Je préfère donc m’en servir pour relayer certaines interviews qui n’inspirent pas la polémique dans l’immédiateté ».